Pendant les vacances, la pression augmente

Ils nettoient des avions, lavent des citernes, récoltent nos déchets. Été comme hiver, dans des positions rarement confortables, les organismes souffrent. 
Douglas, nettoyeur industriel depuis dix-sept ans: «Nous nettoyons à haute pression des citernes, des échangeurs de chaleur, des tuyaux, principalement dans la pétrochimie et les secteurs chimiques. Nous effectuons également des travaux sous vide. On doit souvent porter des combinaisons antiacide, des masques à gaz. En été, lorsque nous pénétrons dans certaines installations exposées au soleil, la température peut monter à 50 ou 60° C. Nous travaillons aussi parfois à 50 ou 60 mètres de haut, en montant des outils, des tuyaux, avec une corde. C’est très dur pour le dos. Même chose lorsqu’on travaille avec un pistolet à très haute pression: après une heure et demie, on doit absolument s’arrêter. Notre métier se pratique aussi la nuit. Ce sont des «shifts» de douze heures. J’ai des collègues qui font du travail de nuit pendant 90 % de l’année, ce qui n’est pas évident pour la famille. Je pense que c’est un facteur supplémentaire qui fait que notre métier est un métier lourd. Il faut vraiment être fait pour ça…».
Samira, nettoyeuse d’avions à Zaventem depuis quinze ans: «Le travail est chronométré. Pour un avion de 500 places, on a 25 minutes environ pour nettoyer les sièges, les tablettes, les toilettes, et disposer les équipements pour le confort des passagers. C’est un travail d’équipe qui se réalise normalement à seize, mais l’effectif n’est jamais complet. On est en manque de personnel en permanence. Les malades ne sont pas remplacés. On doit aller vite et, en plus, on travaille toujours courbé, dans des couloirs exigus. Grâce au syndicat, on a obtenu de travailler avec l’air conditionné. Avant, il arrivait qu’on travaille à 40 ou -15° C selon les saisons. L’été et la période des vacances, c’est la haute saison aussi pour nous. La pression va encore augmenter. Le problème de notre secteur, c’est que le client veut toujours plus pour un prix minimum, et ça se répercute sur le personnel…»
Ferhat, chauffeur-chargeur dans la collecte des déchets: «On n’a pas besoin de salle de sport dans notre métier! Il nous arrive de marcher-courir plus de 50 kilomètres au total sur une journée et de soulever près de 15 tonnes. Le dos en prend un coup, et les genoux aussi, chaque fois qu’on saute sur le camion. Les sacs coûtent cher, alors les gens ont tendance à remplir au maximum. Mais nous, on est des ouvriers, pas des robots. On voudrait que les citoyens le comprennent. On doit aussi continuellement faire face à l’agressivité des automobilistes quand on les ralentit. Et puis, il y a les gens qui nous insultent ou qui nous menacent quand on refuse de prendre des sacs non conformes. On fait un métier dur, ce qui justifierait qu’on écourte notre carrière. Et qu’on imagine, pourquoi pas, un système de travail sur quatre jours, histoire de récupérer un peu