Mobilisation contre les violences faites aux femmes

Les militantes et militants de la CSC étaient présents en nombre à la mobilisation nationale contre les violences faites aux femmes. Active dans ce dossier sur le terrain, la CSC travaille aussi à l’élaboration d’une convention spécifique à l’OIT.
Rita, Caroline, Nicole, Sabrina… Une vingtaine de prénoms sont lentement égrenés, Place Poelaert, à Bruxelles. En cette fin de dimanche après-midi, il fait gris, les visages sont graves. Ces prénoms sont ceux de femmes de tous âges et de tous milieux sociaux décédées en Belgique depuis le début de l’année 2018 sous les coups d’un proche - leur mari, leur compagnon, leur ex. Toutes ont été victimes que l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS) appelle reconnaît comme «féminicide» c’est-à-dire «le meurtre d’une femme parce qu’elle est femme». Cette lente énumération est suivie d’un lâcher de ballons pour le souvenir, pour l’espoir. La manifestation se termine. Plus de 5000 personnes y ont participé pour dire leur refus de toutes les violences faites aux femmes. 

Une vie digne

Organisée à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes fixée à cette date par l’ONU en mémoire des trois sœurs Mirabal assassinées pour leur résistance au dictateur Raphaël Trujillo. La manifestation était dominée par la couleur mauve, celle des que dissimulent les femmes maltraitées. Les slogans proclamaient: «Pas une de plus, pas une de moins», «On veut du respect, on n’est pas des objets», «La violence morale aussi, ça fait mal», «Il est temps que les femmes arrêtent d’être fâchées poliment»… 
Les militantes et militants de la CSC étaient présents en nombre avec la secrétaire générale, Marie-Hélène Ska. En effet, la CSC est membre de la plateforme Mirabal. Elle forme et informe ses délégués et déléguées à la manière la plus efficace de réagir aux violences sexistes ou sexuelles sur le lieu de travail et sur les répercussions de violences privées sur la vie professionnelle. Les Femmes CSC se battent, avec toute l’organisation, contre l’écart salarial, pour des salaires pour des allocations sociales décents qui permettent de vivre dignement. Ces revendications économiques et sociales rejoignent la lutte contre les violences faites aux femmes. Car comment quitter un conjoint violent si on n’a aucune autonomie, si on ne peut pas subvenir à ses propres besoins, à ceux de ses enfants? 
La Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont apporté leur soutien aux manifestations organisées partout dans le monde. Elles ont appelé les gouvernements et les employeurs à soutenir à l’OIT la convention contre les violences et le harcèlement dans le monde du travail en cours d’élaboration. Celle-ci pourrait être traduite dans le droit européen et le droit national. Dès lors, il serait possible d’instaurer dans tous les lieux de travail des procédures destinées à faire face à la violence et au harcèlement, à reconnaître clairement les droits des victimes et à imposer des sanctions à l’égard des auteurs de tels actes. Le travail a été entamé lors de la session de 2018; la CSC y a pris une part très active et continuera lors de la session 2019.