Manifestation pour une pension digne et juste

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont une nouvelle fois demandé au gouvernement des pensions dignes et justes et, pour cela, un financement structurel suffisant de la sécu.
«Nous nous sommes rassemblés en nombre aujourd’hui parce que nos pensions sont malmenées. Ce gouvernement gère l'avenir de nos pensions comme une simple ligne budgétaire. Le gouvernement laisse des recettes fiscales s'envoler mais lorgne sur les pensions pour aligner son budget.» souligne d’emblée Anne Léonard, secrétaire nationale CSC en charge du dossier Pensions. C’est exactement ce que ressentent les milliers de femmes et d’hommes de tous âges, avec et sans emploi, du secteur privé et des secteurs publics, qui ont répondu à l’appel des syndicats pour réclamer des pensions justes et dignes. 

Priorité aux pensions légales

Dignes et justes, les pensions ne le sont pas aujourd’hui et elles risquent de l’être encore bien moins demain. «Ce n’est ni par souci de clarté ni par bienveillance que le ministre Bacquelaine veut introduire le système à points. Nous savons que dans ses mains, le système servira de mécanisme automatique pour augmenter la carrière des travailleurs» explique Anne léonard. 
La secrétaire nationale constate que certaines allocations se situent encore sous le seuil de pauvreté. «Mais cette réalité, on l’étouffe. La vraie urgence est là: améliorer la base de financement de la sécurité sociale, améliorer nos pensions et garantir aux pensionnés un niveau de vie très proche du salaire perçu durant la carrière. Le socle de NOTRE sécurité sociale est la solidarité. Or, le gouvernement prône le chacun pour soi! L’épargne ne peut se substituer aux pensions légales. Commençons par le renforcement des pensions légales!»

La révolte gronde

Après les discours, le long cortège se met en marche. Une grande banderole proclame «On nous spotche. Ca n’va nin!». Un écho à la campagne de la CSC wallonne qui porte, avec toute la CSC, des revendications fortes en matière de pension.   
Des manifestants CSC reprennent le chant en chœur sur l’air bien connu des «Chevaliers de la Table ronde» et clament ainsi leur indignation: «Bacquelaine, la révolte gronde, Tu nous voles le droit à la pension Et selon ta vision du monde, Nos années se comptent en jetons Notre droit, oui oui oui, Une tombola, non non non On se bat pour toutes les pensions Notre droit, oui oui oui Une tombola, non non non On se bat pour toutes les pensions»… Ils veulent se faire entendre par le ministre des Pensions qui, le matin même, a répété ses intentions. Pour lui, la concertation sociale se borne visiblement à écouter les interlocuteurs sociaux puis à faire exactement comme bon lui semble. 

Galère, misère

«Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère» déplore un calicot. En effet, le gouvernement crée les flexi-jobs, légalise la dégressivité des salaires pour les jeunes et organise les petits boulots d'appoint totalement exonérés de cotisations sociales. Il augmente la carrière, tout en boycottant les fins de carrière. Il limite les périodes assimilées. Tout cela se traduit immanquablement par une pension plus faible, pour les femmes, mais aussi pour les prépensionnés de demain, et d'aujourd'hui aussi.   
les militants de la CSC Seniors portent fièrement banderoles et drapeaux. Ils ont eu l’idée astucieuse de dresser une tente CSC Seniors sur le parcours de la manif, juste au-dessus de la Gare centrale. C’est l’occasion pour celles et ceux qui  aspirent à une petite pause de se reposer un moment dans une ambiance conviviale. Sans cesser de manifester: la décoration de la tente fait un clin d’œil aux hôpitaux et maisons de repos pour rappeler que le montant de la pension d’une majorité des aînés ne leur permet pas de couvrir les frais d’une maison de repos. Et que certains doivent renoncer à des soins médicaux ou à l’achat de médicaments.

Vidéo de la manifestation