L'amiante reste un problème

L’utilisation de l’amiante est interdite en Belgique. Pourquoi s’en soucier, alors? Une fibre d’amiante inhalée peut provoquer des pathologies graves, voire mortelles, jusqu’à quarante ans après. Le Réseau intersyndical de sensibilisation à l’environnement (Rise) continue donc de sensibiliser les délégués syndicaux et donne des pistes pour bien gérer ce problème de santé publique.
L’amiante est un minéral fibreux (dont les fibres sont microscopiques) utilisé dans des milliers d’applications, particulièrement pour son pouvoir isolant. On le retrouve dans les tôles ondulées, les (fausses) ardoises, les pièces de cheminée, comme matière ignifuge, dans l’isolation de canalisations, les joints, les cordes tressées, en poudre dans les mortiers et bitumes, dans les garnitures de frein, dans certains textiles, dans les dalles de sol, dans certains appuis de fenêtre… Bref, il est présent dans énormément de bâtiments construits avant 1998, à la maison autant qu’au travail. Avec ce matériau, une règle principale prévaut: ne pas briser ou détériorer l’élément, car cela risque de libérer des fibres qui sont dangereuses.

Dans l’entreprise

Y a-t-il de l’amiante dans votre entreprise? Pour le savoir, vous pouvez consulter «l’inventaire amiante». En effet, l’employeur est légalement tenu de réaliser un inventaire de la totalité de l’amiante présent dans les bâtiments et dans les équipements de travail. Cet inventaire contient un aperçu de l’amiante présent, ainsi qu’un aperçu général des parties difficilement accessibles, qui ne donnent donc pas lieu à exposition à l’amiante. Il détaille aussi, par local ou par équipement de protection, comment l’amiante a été utilisé, ainsi qu’une évaluation de son état. Cela permet d’identifier les lieux ou les activités qui pourraient donner lieu à une exposition. Évidemment, cet inventaire doit être tenu à jour. 
Si l’inventaire montre la présence d’amiante, l’employeur doit établir un programme de gestion. Objectif: maintenir l’exposition le plus bas possible pour tous les travailleurs (de l’entreprise et extérieurs).
Il peut s’agir de mesures de prévention, mais aussi d’actions à réaliser si l’amiante est en mauvais état ou susceptible d’être détérioré. Selon les cas prévus par la loi, l’amiante sera retiré par le personnel interne ou par un service spécialisé. Enfin, sachez que si votre entreprise intervient sur un chantier pour le compte d’une autre entreprise, vos droits sont les mêmes: votre employeur doit recevoir l’inventaire, ainsi que l’inventaire spécial en prévision des travaux. Et surtout, toutes les mesures doivent être prises pour limiter l’exposition des travailleurs.
Dans tous les cas, si vous avez été exposé à de l’amiante, la loi impose différentes mesures, outre la prévention: signaler l’exposition à la médecine du travail, tenir un registre et une surveillance médicale, informer et former les travailleurs. Notons encore que l’employeur ou le comité PPT peut procéder à des mesurages de la qualité de l’air.

Pour en savoir plus

L’amiante est un problème de santé publique très sérieux. Dans votre entreprise ou votre organisation, avec la médecine du travail mais aussi avec vos délégués, il est possible de diminuer les risques. Tout le monde est concerné, et tout le monde est gagnant.

Pour les malades de l'amiante: 

Toute victime peut introduire une demande de réparation auprès du Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (mieux connu sous le nom de «Fonds amiante»), qu’il s’agisse d’un travailleur ou d’un citoyen. Car même si le Fonds amiante est géré par le Fonds des maladies professionnelles, il est destiné à tous, à certaines conditions: il doit s’agit de mésothéliome (cancer de la plèvre ou du péritoine) ou d’asbestose, la maladie doit être provoquée par l’amiante, et l’exposition doit avoir eu lieu en Belgique. Plus d’infos sur afa.fgov.be.