Etre jeune à durée indéterminée?

ca n'va nin
En Wallonie, le gouvernement suit le modèle du fédéral. Austérité + austérité = citoyens écrasés, «spotchis». La précarité va croissant. Pour la CSC wallonne, «Ça n’va nin»! Elle a lancé une campagne de sensibilisation qui durera six mois et avance ses propositions. Elle a déjà mis sous la loupe les pensions et les flexi-jobs. En mars, ce sont les conditions de vie et de travail des jeunes qui sont passées au crible.
La CSC wallonne a interpellé le gouvernement wallon lorsqu’il s’est mis en place en septembre 2017 et elle lui a indiqué les balises à ne pas franchir. Il n’en a guère tenu compte! Les craintes émises à la rentrée se sont donc amplifiées: budget mal ficelé, manque de clarté de l’assurance autonomie, gel de la réforme des aides publiques à l’emploi (APE), mise en œuvre d’un service minimum dans les transports en commun… Le gouvernement fait sauter les sécurités les unes après les autres. À ces dossiers wallons, il faut ajouter la poursuite de la réforme des pensions au niveau fédéral. Cela fait beaucoup à supporter pour les Wallonnes et les Wallons! 
Pour la CSC wallonne, ça n’va plus, ça n’va nin ! Il n’est pas possible de continuer ainsi sans provoquer une véritable casse sociale. Elle a donc lancé une campagne de sensibilisation qui a débuté en janvier et se poursuivra jusqu’en juin. Cette campagne décortique les mesures que la CSC dénonce et propose des alternatives aux politiques actuelles.
Le mois de mars est consacré aux jeunes, beaucoup trop nombreux à être flexibilisés, sous-payés et condamnés à la précarité. Sans possibilité de prendre réellement leur autonomie. La CSC wallonne et les Jeunes CSC défendent leurs alternatives qui passent notamment par des salaires corrects, des contrats à durée indéterminée, des emplois de proximité,…

Une autre jeunesse est possible

«Parfois c’est la «coloc» dans de petits appartements, parfois le squat chez mes parents… Ma vie d’adulte, ma carrière… ma vraie vie quoi, je vais la commencer quand? J’ai pas envie d’être jeune à durée indéterminée!» s’exclame Théo. Laura, Amine, Laurent, Cynthia… disent tous la même chose. On pourrait pourtant croire qu’être jeune, c’est un avantage. Et cette fameuse «génération Z», née dans un PC, connectée au wifi dès l’âge du biberon aurait pu penser que le monde serait très vite à ses pieds. Il n’en est rien. En Wallonie, un jeune sur quatre est au chômage et décrocher un boulot stable et de qualité est devenu un parcours d’obstacles! C’est pourquoi la campagne Ça n’va nin consacre son troisième thème aux jeunes.

Parce qu’une autre jeunesse est possible, la CSC wallonne et les Jeunes CSC défendent ensemble une série de revendications.
  • Le contrat à durée indéterminée doit rester la norme et le jeune travailleur, la jeune travailleuse doit bénéficier d’un revenu au moins égal au revenu minimum garanti.
  • Chaque jeune doit avoir droit à un contrat de travail dans les six mois qui suivent la sortie des études.
  • Chaque jeune doit bénéficier d’une allocation d’insertion inconditionnelle dès la sortie de ses études.
  • Les aides à l’emploi accordées aux employeurs doivent être conditionnées à une insertion durable du demandeur d’emploi dans l’entreprise.

Des conditions d’apprentissage correctes

  • Le salaire des jeunes apprentis et apprenties doit être revalorisé. En effet, la Wallonie rémunère moins bien la formation en alternance que la Flandre. La différence est considérable: 4.861 euros en trois ans! Dix mille jeunes sont concernés. Les patrons wallons refusent tout effort. Pourtant, on ne donne pas le goût du travail aux apprentis avec des salaires de misère.
  • Des emplois de qualité doivent être créés grâce à une réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire, sans perte de revenu et sans préjudice pour la sécurité sociale.
  • Les emplois de proximité doivent être valorisés. Ils doivent permettre l’inclusion sociale des jeunes «éloignés de l’emploi» et oubliés des politiques publiques en leur permettre d’effectuer des activités spécifiques qui répondent à des besoins non rencontrés par les circuits de travail régulier.
  • Aucun contrat à temps partiel contraint ne peut être imposé. Le travail à temps plein doit rester la norme.
  • Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures concrètes pour lutter contre la précarité grandissante des étudiants qui se traduit par une explosion du nombre de jobistes étudiants et une augmentation du nombre de demandes aux CPAS.