Egalité

Mars est le mois de l’égalité salariale à la CSC. Et l’égalité, ça passe aussi par le choix des études, puis du métier. L’exemple de Marie-Christine, qui a bravé les préjugés et travaille aujourd’hui dans un ancien bastion masculin qui s’ouvre tout doucement aux femmes.
C’est une jeune femme calme, souriante, manifestement bien dans ses baskets que nous rencontrons aux Carrières du Hainaut, à Soignies, où il gèle précisément à pierre fendre ce jour-là… Marie-Christine Noerens a 25 ans et habite la commune. Depuis juillet dernier, elle travaille en tant qu’opératrice de surfaçage dans cette entreprise, fleuron de la région, qui extrait et transforme depuis près de 130 ans la fameuse pierre bleue du Hainaut. Le site emploie environ 450 personnes, essentiellement des hommes. Marie-Christine et une autre jeune femme, qui est opératrice foreuse, sont en fait les premières ouvrières à avoir été engagées aux Carrières du Hainaut.
Elle raconte son parcours: "J’ai toujours été attirée par le travail manuel, suivant l’exemple de mon papa qui travaille dans la mécanique industrielle. Bricoler, souder, assembler, ça m’a toujours plu. J’aurais voulu m’orienter vers cette filière, mais mes parents m’en ont dissuadée. Pour eux, ce n’était pas un métier pour une fille. Depuis que je suis petite, je fais partie de mouvements de jeunesse. J’ai encadré beaucoup de camps, de plaines. Alors je me suis orientée vers des études d’éducatrice, mais je n’ai pas trouvé d’emploi stable, seulement des petits contrats. Un jour, mon grand-père m’a conseillé de venir déposer mon CV ici. J’ai passé un entretien et j’ai été engagée comme intérimaire, puis j’ai signé un CDD."
Son grand-père, Marie-Christine en parle avec beaucoup d’affection: "C’est un ancien des Carrières. Il a travaillé ici comme mécanicien et comme gardien. Je venais parfois avec lui le week-end quand j’étais enfant. J’ai toujours aimé l’accompagner sur ce site si impressionnant. Il m’a poussé à postuler ici car il savait que j’étais capable d’y trouver ma place et de m’y plaire. Sa seule réticence était que c’est un milieu industriel qui peut être dangereux. Je pense qu’aujourd’hui, il est fier de moi…"

Faire évoluer les mentalités

En tant qu’opératrice de surfaçage, Marie-Christine travaille en atelier sur une nouvelle machine qui sert à polir la pierre. Elle s’est vite adaptée à son métier et à ses collègues. "Au début, en tant que femme, on est évidemment un peu montrée du doigt et on entend beaucoup de petits commentaires et de blagues un peu machos, mais rien de grave. Au final, ça m’a donné envie de relever le défi et de montrer qu’une femme peut aussi utiliser un marteau, un burin, un levier… Il y a finalement peu de choses qu’une femme ne peut pas faire."
À ses débuts, Marie-Christine a reçu le soutien de Laure, sa cheffe de service. Les Carrières du Hainaut comptent en effet depuis quelques temps dans leurs rangs quelques ingénieures et employées de chantier, postes exclusivement réservés à des hommes par le passé.
"La direction est ouverte à l’embauche de femmes et attentive à leur intégration. Il y a de la part de notre hiérarchie une réelle volonté de faire évoluer les mentalités", souligne Alexandre Filipuci, délégué CSC. Comme le prévoit la loi, des vestiaires et des sanitaires ont été installés pour le personnel féminin. "Dans l’équipe CSC, nous estimons aussi qu’ouvrir ces métiers que l’on dit lourds aux femmes est une bonne chose. Nous insistons d’ailleurs sur le fait que, pour la même fonction, les femmes reçoivent chez nous le même salaire que les hommes."
Quelques délégués CSC font partie de la même pause que Marie-Christine. Avec d’autres collègues, ils ont joué les parrains pour la nouvelle venue et contribué à sa bonne intégration. On sent aussi chez eux une réelle fierté de compter dans leurs rangs de jeunes "pionnières"…
Après huit mois aux Carrières, le bilan de Marie-Christine est donc très positif: "Je travaille à trois minutes de chez moi, j’aime ce que je fais, je connais mes horaires longtemps à l’avance et je gagne mieux ma vie que si j’étais restée dans l’éducation." À celles qui auraient envie de se tester dans un métier dit masculin, elle n’a qu’un conseil à donner: "N’ayez pas peur de vous lancer!"