Appauvrir le non marchand, ça n'va nin!

La santé, le social, la culture, l’environnement… Tous ces domaines sont vitaux et il faut les protéger. C’est essentiel notamment pour les secteurs de la santé et de l’aide aux personnes que la Wallonie devra gérer dans quelques mois.
En Wallonie, le gouvernement suit le modèle du fédéral. Austérité + austérité = citoyens écrasés, «spotchis». La précarité va croissant. Pour la CSC wallonne, «Ça n’va nin»! Elle a lancé une campagne de sensibilisation qui durera six mois et avance ses propositions. Après les pensions, les flexi-jobs, les perspective à ouvrir pour les jeunes et la situation des services publics, c’est le secteur du non marchand qui se trouve sous la loupe.
Dès la constitution de l’actuel gouvernement wallon, la CSC wallonne l’a interpellé en lui indiquant les balises à ne pas franchir. Il n’en a guère tenu compte! Les craintes émises alors se sont donc amplifiées: budget mal ficelé, manque de clarté sur l’assurance autonomie, gel de la réforme des aides publiques à l’emploi (APE), mise en œuvre d’un service minimum dans les transports en commun… Le gouvernement fait sauter les sécurités les unes après les autres. À ces dossiers wallons, il faut ajouter la poursuite de la réforme des pensions au niveau fédéral. Cela fait beaucoup à supporter pour les Wallonnes et les Wallons!
Pour la CSC wallonne, ça n’va plus, ça n’va nin et il n’est pas possible de continuer ainsi sans provoquer une véritable casse sociale. Sa campagne de sensibilisation dresse un état des lieux de diverses réalités, décortique les mesures que la CSC dénonce et propose des alternatives aux politiques actuelles.

Bien et services pour tous et toutes

Le secteur non marchand? Sous ce nom un peu «jargonnant», on trouve de nombreuses activités et de nombreux services qui vont de la santé à la culture en passant par le social, l’éducation, l'environnement… 
Leur objectif est de fournir des biens et des services à la collectivité sans but de profit. Ils sont financés principalement par des subsides publics. Or, actuellement, au lieu d’être soutenues, les organisations du secteur non marchand sont fragilisées par des attaques répétées, en particulier dans le secteur de la santé. Ces politiques ont des effets négatifs pour l’ensemble de la population. En effet, l’accès de tous et toutes à des services indispensables devient plus difficile, ce qui contribue à augmenter les inégalités. Ainsi, c’est tout l’équilibre nécessaire au vivre ensemble qui est mis en péril.

Santé et aide aux personnes

Le gouvernement wallon et le fédéral accordent une grande attention à l’économie marchande. Celle-ci est évidemment importante: elle génère des richesses qui entre autres choses permettent d’alimenter les finances publiques, celles-ci soutenant le non marchand. Mais les gouvernements semblent oublier que les services liés à l’économie non marchande produisent eux aussi des richesses. C’est ce qu’avait mis en évidence une ligne de force du congrès de 2017 de la CSC wallonne. Et le congrès wallon avait appelé ses militantes et militants à «changer d’état d’esprit pour concevoir l’économie de manière qualitative et non quantitative». 
Cet état d’esprit est particulièrement important à l’heure où la 6e réforme de l’Ẻtat (décidée en 2014) arrive à présent dans une phase décisive. Dès le 1er janvier 2019, les entités fédérées reprendront en principe la gestion effective de toute une série de services et de secteurs de la santé et de l’aide aux personnes: les maisons de repos et de soins, de la revalidation, des soins de santé mentale, des aides à la mobilité, de la prévention et de la promotion en santé, des infrastructures hospitalières, de l’organisation de la première ligne, des réseaux palliatifs, de la lutte contre les assuétudes… Pour gérer toutes ces compétences, la Wallonie a créé l’AVIQ (Agence pour une vie de qualité) qui regroupe trois branches: bien-être et santé, handicap, famille.  

Des services de qualité, en nombre suffisant

La Wallonie exerce déjà certaines de ces compétences, par exemple la prévention ou l’organisation de la première ligne d’aide et de soins. Elle devra bientôt assurer le tout. 
La population vieillissant, il va être nécessaire de développer l’offre des maisons de repos et maisons de repos et de soins, des centres de soin de jour. Il va falloir aussi encourager la prise en charge intégrée des patients et développer l’offre de soins dans les zones en pénurie (principalement en milieu rural). Tout cela est indispensable pour rencontrer les besoins de la population. Mais cela demande des moyens et du personnel bien formé et en quantité suffisante. Or, aujourd’hui, dans les hôpitaux et plus encore dans les maisons de repos, le personnel est bien trop peu nombreux. Les conditions de travail sont de plus en plus pénibles pour les personnels. Et bien sûr les patients en souffrent.  
Pour renforcer et fortifier tous les services et toutes les organisations du secteur non marchand, leurs personnels et leurs usagers, la CSC wallonne défend plusieurs priorités: 
  • Cesser de considérer les équipements et services non-marchand comme un coût mais les considérer plutôt comme un investissement de la société dans des domaines vitaux qui méritent d’être protégés.
  • Organiser des services non-marchand de qualité, en nombre suffisant,  accessibles à toutes et à tous, avec de bonnes conditions de travail.
  • Mettre sur pied un financement durable du secteur non-marchand.